Que faire d’une correspondance, d’un agenda, d’un journal de rêve, d’une lettre à l’administration, d’un carnet d’héritage, d’un journal personnel ? En mosaïques, les archives personnelles sont spontanément indéchiffrables. Il faut les mettre en séries pour en extraire des normes d’expression. Car l’unité ici n’est ni une population, ni un territoire, ni un problème singulier, mais un geste d’écriture qui agit dans les relations personnelles et au travail, à domicile ou en institution, dans les relations de dépendance et dans des cadres légaux. L’individu n’existe pas hors du jeu social qui se trame autour de lui, sinon par des jeux d’effacement, de censure et de gommage. Les écritures personnelles témoignent ainsi pour des milliers d’autres, traversent des épaisseurs de temps silencieux et durent au-delà de leur lecture. Elles disent une histoire collective. Un autre point de vue pour saisir le social en acte ? Nous sommes partis de ce choix.
Philippe ARTIÈRES est historien (CNRS/EHESS). Jean-François LAÉ est sociologue (Université de Paris-8).
Introduction : L’écriture, la servante du social
Première partie : Études de cas Parcourir, chercher, trouver Chapitre 1 - Se faire au travail Chapitre 2 - Se compter Chapitre 3 - Faire son dossier Chapitre 4 - Se séparer Chapitre 5 - S’indigner Chapitre 6 - Se distinguer
Deuxième partie : Repères Un savoir en construction Chapitre 7 - Histoire d’un usage depuis 1945 Chapitre 8 - Anthologie de travaux sur les écritures personnelles Roger Chartier - Claudine Dardy - Cécile Dauphin - Daniel Fabre - Arlette Farge - Agnès Fine - Jack Goody - Jean Hébrard - Bernard Lahire - Philippe Lejeune - Florence Weber