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Dossier spécial ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019

Dossier spécial ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019 - Céline COLANGE , Jérôme FOURQUET, Sylvain MANTERNACH

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019 EN FRANCE - Sous la vague bleu marine, la poussée verte

 

Par Céline COLANGE, ingénieure de recherches, UMR CNRS 6266 IDEES, Université de Rouen, Département de Géographie. Avec la participation de Jérôme FOURQUET, directeur du Département Opinion et Stratégies d’Entreprise à l’IFOP, et de Sylvain MANTERNACH, géographe et cartographe, de l’IFOP.

 

Le dimanche 26 mai, les électeurs étaient appelés aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement européen. La grande nouveauté de cette élection est le retour à un scrutin de listes nationales à la proportionnelle (depuis 2004, le vote se déroulait selon des circonscriptions régionales). Cette année, pas moins de 34 listes-candidatures ont été validées par le Ministère de l’Intérieur.

Cet émiettement de l’offre politique s’explique par deux raisons majeures. Depuis leur instauration en 1979, les élections européennes sont considérées par l’opinion, à tort ou à raison, comme un scrutin de moindre importance. De ce fait, cela réduit le « vote utile », les électeurs se tournant plus facilement vers de petits partis ou candidats plus proches de leurs préoccupations thématiques. Comme le souligne Jérôme Fourquet dans son dernier livre, le morcellement de l’offre politique renvoie à la fragmentation du corps social [FOURQUET, 2019].

Enfin, le mode de scrutin, de listes à la proportionnelle à un seul tour, favorise la multiplicité des candidatures, car pour les petits partis la probabilité d’avoir des élus est plus grande que pour le scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

 

 

Une participation record

 

Contrairement aux pronostics annoncés par les différents instituts de sondages qui prévoyaient une augmentation de l’abstention, la surprise de cette élection fut le rebond de la participation pour un scrutin traditionnellement peu mobilisateur. Après 25 ans de recul, la participation a progressé de près de 8 points par rapport au précédent scrutin en 2014 avec un taux de 50,5 % de votants.

Ce constat n’est pas seulement national. Il s’observe également à l’échelle européenne puisque 20 pays membres de l’UE sur 28 ont connu un regain de participation, notamment les États de l’Europe de l’Est (tableau 1).

 

Participation aux élection européennes en france 2019

 

En France, ce regain de la participation s’explique, en partie, par le fait que deux des principaux protagonistes, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, avaient fait de ce scrutin un enjeu national.

Les territoires qui se sont massivement abstenus sont le département de la Seine-Saint-Denis et la Corse, deux zones où les électeurs se rendent moins aux urnes à chaque élection (carte 1). On observe également de forts taux d’abstention dans les espaces traditionnellement acquis à la droite tels que les Pays de la Loire, le Poitou, les Charentes ou les Savoies.

 

 

Carte 1 : Taux de participation aux élections européennes 2019 en France

 

Participations Elections européennes 2019

 

Enfin, il convient de noter la faible participation dans les espaces frontaliers, des Flandres au Belfortain, pourtant intégrés à l’Europe. L’euroscepticisme de ces territoires est en partie lié aux processus de déstructuration industrielle depuis les années 1990, engendrant des difficultés socio-économiques et une reconversion difficile avec des taux de chômage par endroits bien supérieurs à la moyenne nationale, notamment chez les jeunes et dans les catégories populaires.

À l’inverse, la participation a généralement été au-dessus de 50 % dans les villes et leurs proches couronnes, plus sensibles aux discours et aux enjeux pro-européens. De même, il convient de noter la forte participation dans le Sud-Ouest, une région où le vote aux élections européennes est toujours plus important, comme pour affirmer un refus du pouvoir centralisé, comme nous l’avions déjà constaté dans de précédentes analyses [COLANGE, 1999, 2004].

 

 

La montée du populisme

 

Le mouvement des « Gilets jaunes » est né en novembre 2018 de la contestation de la hausse du prix des carburants. Très rapidement, il s’est étendu à des revendications relatives au pouvoir d’achat, davantage de justice fiscale et de participation citoyenne dans les débats politiques.

Dès décembre, l’idée d’une candidature « jaune » aux Européennes s’est développée. À l’époque, celle-ci était créditée de près de 10 % des intentions de vote dans les sondages. Mais, au fil des semaines et des mois, le mouvement s’est érodé, tout comme la mobilisation sur les ronds-points et dans les rues chaque samedi depuis l’automne dernier.

Le mouvement des « Gilets jaunes » n’a pas trouvé d’écho dans les urnes puisque les deux listes issues de ce mouvement social ont atteint moins de 1 % des suffrages. Une majorité des sympathisants de ce mouvement a rallié le Rassemblement National (ex-Front National) qui apparaît comme le principal bénéficiaire de cette crise. Un sondage effectué par l’IFOP montre que les autres militants ont apporté leur soutien aux partis ayant revendiqué la présence de « Gilets jaunes » sur leurs listes tels Les Patriotes de Florian Philippot, Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, l’UPR, la France insoumise, le PCF ou se sont réfugiés dans le vote blanc ou l’abstention.

La liste du Rassemblement National (RN) conduite par le jeune Jordan Bardella est arrivée en tête dans la majorité des départements. Malgré un léger recul, le parti de Marine Le Pen confirme son rôle comme principale force d’opposition. Toutefois, ce constat d’un recul mérite d’être nuancé, car en 2014 l’abstention était beaucoup plus élevée. Ainsi, si l’on s’intéresse au nombre brut de bulletins déposés dans les urnes, le RN a progressé de près de 570 000 voix.

La géographie du vote pour le RN demeure l’une des plus stables au fil des ans (carte 2). Les bastions de l’extrême-droite se situent à l’est d’une diagonale reliant Le Havre à Marseille, dans les anciennes terres minières et sidérurgiques du Calaisis au sillon mosellan, en Alsace, en Picardie, en Normandie, le sud du bassin parisien, y compris la seconde couronne francilienne, la vallée rhodanienne, le littoral méditerranéen et son arrière-pays, ainsi que la vallée de la Garonne dans le Sud-Ouest. Il confirme sa progression observée depuis maintenant une quinzaine d’années dans les espaces périurbains, tel un effet de halo.

 

 

Carte 2 : Géographie du vote Rassemblement National

 

 

Scores du RN - Rassemblement Nationnal - resultat elections europeennes 2019

 

La carte de l’évolution du vote Le Pen en 2017/RN en 2019 est intéressante (carte 3). Elle montre le recul ou la stagnation du parti nationaliste dans ses fiefs traditionnels de la France du Nord et de l’Est, tel un plafond de verre. À l’inverse, le parti de Marine Le Pen continue sa progression dans des espaces qui lui ont longtemps été défavorables comme par exemple : la Sarthe, l’intérieur de la Bretagne, ou encore les marches entre le Poitou, le Limousin et l’Auvergne.

Marine Le Pen avait fait de sa campagne électorale un référendum pour ou contre la politique nationale d’Emmanuel Macron et du gouvernement. Si une faible proportion de l’électorat du RN a exprimé avant tout par son choix un vote « sanction » ou de « protestation », la stabilité géographique du vote FN/RN confirme un vote d’adhésion. Le RN est aujourd’hui l’une des deux forces politiques majeures en France et le principal parti d’opposition face à la recomposition menée sous l’impulsion de LREM.

 

 

Carte 3 : Évolution du vote FN 2017/RN 2019

 

 

évolution du vote RN - Rassemblement Nationnal - resultat elections europeennes 2019

 

Cependant, en France comme dans la plupart des autres États européens, on n’observe pas de dynamique des mouvements nationalistes. Ceux-ci se stabilisent ou confortent leur assise là où ils étaient déjà présents comme en Italie, en Autriche ou en Belgique [KAHN et LEVY, 2019].

 

 

La percée écologiste

 

En se hissant à la troisième place du scrutin avec près de 13,5 % des voix, la liste d’Europe-Écologie les Verts a créé la surprise, sans pour autant revenir à son niveau de 2009.

Comme le souligne sa tête de liste Yannick Jadot, ce bon résultat s’inscrit dans la « vague verte » à l’échelle de l’UE, puisque dans de nombreux pays tels l’Allemagne, l’Irlande ou la Finlande, les partis écologistes sont en nets progrès. Non seulement les électeurs ont pris conscience de l’enjeu du réchauffement climatique et de ses conséquences à moyen et long terme, au cœur des débats nationaux et internationaux depuis plusieurs mois, mais aujourd’hui, nous savons tous que cette Europe souvent décriée par l’opinion est un acteur essentiel pour la protection de l’environnement. En effet, une majorité des mesures environnementales prises au sein des législations nationale sont issues des directives européennes, que cela concerne la protection des espaces naturels et des littoraux ou la qualité de l’eau et de l’air…

Les Verts réalisent leurs meilleurs scores dans les grands centres urbains, en particulier dans les villes universitaires (carte 4). Ils réalisent plus de 20 % des suffrages à Paris et dans de nombreuses communes de l’ouest de la grande couronne, ainsi que dans plusieurs communes de Bretagne. Dans ces espaces, où Emmanuel Macron était largement arrivé en tête en 2017, la poussée « verte » semble s’être faite au détriment de LREM. A contrario, en Savoie et en Haute-Savoie, il semble que les progrès des Verts se soient faits au détriment des Républicains. Ce sont principalement les jeunes électeurs âgés de moins de 25 ans qui ont contribué à ce renouveau de l’écologie, en particulier les néo-électeurs de la génération 2000 qui votaient pour la première fois.

 

 

Carte 4 : Score de la liste Europe-Écologie-Les Verts

 

 

Score d'europe Ecologie les Verts - EELV - resultat elections europeennes 2019

 

En effet, plus on avance en âge, moins on vote « verts ». Selon un sondage sortie des urnes réalisé par l’IFOP, près d’un quart des 18-24 ans a voté en faveur de la liste écologiste, contre seulement 15 % pour LREM et 14 % pour le RN. Conscients de l’enjeu que représente l’environnement pour la planète de demain, nombreux parmi eux ont participé au mouvement des « Marches pour le Climat », né à l’été 2018 après la démission de Nicolas Hulot, sous l’impulsion de l’étudiante suédoise Greta Thunberg.

Par ailleurs, pour ce scrutin, les régionalistes, rassemblés au sein du mouvement « Régions et Peuples solidaires » (R&PS) se sont unis aux écologistes. Cette alliance a fortement contribué aux bons résultats obtenus par les Verts, en particulier dans les territoires où R&PS est présent localement. C’est notamment le cas en Bretagne, en Savoie, en Alsace ou dans les pays basque et catalan. Le phénomène est encore plus prononcé en Corse. À titre d’exemple, les 15 communes où la liste EELV a enregistré ses meilleurs scores sont toutes situées en Corse. De même, sur les 320 municipalités que compte l’île de Beauté, pas moins de 131 d’entre elles ont placé la liste EELV en tête.

Arrivés en troisième position, certes loin derrière LREM, mais devançant très nettement la liste LR, les Verts incarnent désormais le nouveau souffle de la gauche. Face au néo-libéralisme et à l’esprit de jacobinisme incarnés par Emmanuel Macron, les Verts apparaissent comme une force universaliste sur laquelle il faudra compter dans les prochaines années. La responsabilité qui leur incombe quant au devenir et à la reconstruction de la gauche est grande. Ils devront prendre garde à ne pas trahir la cohérence de leur politique.

 

 

LREM : un résultat en demi-teinte

 

La liste de la majorité présidentielle emmenée par Nathalie Loiseau est arrivée en seconde position derrière celle du RN avec 22,6 % des suffrages exprimés. Les deux partis obtiennent cependant le même nombre d’élus (23) au Parlement européen. Excepté sous l’ère Sarkozy en 2009, le parti au pouvoir a toujours subi une défaite plus ou moins marquée lors des élections européennes. Malgré un score très honorable, LREM n’est pas parvenue à élargir le socle de sa base électorale. Ce résultat est décevant dans la mesure où Emmanuel Macron s’était personnellement investi dans la campagne électorale.

La carte du vote pour la liste Renaissance (LREM) est le miroir inversé de celle du vote RN, sur le plan géographique (carte 5). La liste LREM est arrivée en tête à Paris et dans l’ouest de la couronne francilienne, dans la majorité des grandes villes (excepté sur le littoral méditerranéen où elle est largement devancée par le RN à Marseille, Nice, Toulon, Nîmes et Perpignan). Elle est également en première position dans la France de l’Ouest (sauf en Basse-Normandie et dans l’intérieur de la Bretagne), dans le Sud-Ouest, en particulier le Béarn, le Quercy ou le Rouergue. Elle obtient de bons scores dans les espaces frontaliers de la France de l’Est, anciens bastions catholiques, où la droite centriste était traditionnellement bien implantée.

C’est notamment le cas en Moselle, le long de la frontière luxembourgeoise, en Alsace, à proximité de la frontière allemande, mais aussi dans le Doubs, le Jura, en Savoie et en Haute-Savoie, aux marches de la Suisse (carte 5).

 

 

Carte 5 : Score de la liste La République en Marche

 

 

Score de la république en Marche LREM - Elections europeennes 2019

 

Enfin, il convient de noter le survote pour la liste LREM dans de nombreuses communes de taille moyenne, plutôt aisées, de la grande couronne francilienne (score supérieur à 30 % voire 40 %) comme par exemple Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, Marly-le-Roi, Maisons-Laffitte, Le Vésinet, Chantilly, Compiègne, Saclay, Gif-sur-Yvette, Enghien-les-Bains.

 

 

La fin de la bipolarisation et du duel PS/LR

 

Depuis le milieu des années soixante-dix, le clivage gauche/droite structurait l’organisation des partis sur l’échiquier politique. L’un des principaux enseignements de ce scrutin est la confirmation de la fin de cette bipolarisation observée lors de la présidentielle en 2017. La droite gaulliste s’est effondrée partout sous la barre des 10 %, exceptés dans le Cantal et en Haute-Loire, fief de leur chef de file, Laurent Wauquiez (carte 6).

 

 

Carte 6 : Score de la liste d’Union de la Droite et du Centre (Les Républicains)

 

Score de la république en Marche LREM - Elections europeennes 2019

 

L’impopularité de ce dernier auprès de l’opinion et de nombreux militants en raison de ses positions jugées trop conservatrices, le ralliement d’une partie d’anciens élus LR à LREM, ainsi que la présence de deux listes dissidentes à droite (celle de « Debout La France » de Nicolas Dupont-Aignan, et celle « Les Européens »), sont autant de facteurs qui expliquent ce recul. La carte par commune de l’évolution du vote pour François Fillon au premier tour de la présidentielle comparée au vote pour la liste des Républicains en 2019 montre que les pertes de voix de la droite ont principalement profité à LREM, notamment dans la France de l’Ouest et dans l’ouest de la grande couronne parisienne, dans l’Aubrac ou encore en Alsace, et dans une moindre mesure au RN. À moins de 10 mois des prochaines échéances municipales, en mars 2020, il faudra suivre avec attention les stratégies de LR.

En effet, dès 2017, plusieurs élus LR avait rejoint le macronisme tels les actuels ministres Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu. Aujourd’hui, ce dernier appelle ses anciens collègues des Républicains à se rapprocher de LREM désireux de poursuivre leur élargissement en grand parti de rassemblement. Ainsi, depuis le début de l’année 2019, de nombreux maires, notamment en banlieue parisienne, ont démissionné des Républicains sans choisir pour autant de s’affilier à un nouveau parti. Une minorité a rejoint le camp du RN à l’instar de l’ancien député du Vaucluse Thierry Mariani.

Le PS se stabilise quant à lui à un niveau historiquement bas avec seulement 6,2 % des suffrages. Entre 2014 et 2019, son score a été divisé par deux. La liste conduite par l’essayiste Raphaël Glucksmann obtient ses meilleurs résultats dans le sud-ouest de la France, sur le littoral breton et autour des grands centres urbains (carte 7). L’émiettement des candidatures à gauche explique en grande partie l’affaiblissement de l’ancien parti présidentiel. Afin de faire peser sa voix au sein du nouveau Parlement européen mais aussi pour se reconstruire, le parti socialiste aura besoin d’alliances nécessaires.

 

 

Carte 7 : Score de la liste Envie d’Europe écologique et sociale (Parti socialiste et alliés)

 

Score de Envie d'europe ecologique et sociale - Elections europeennes 2019

 

Avec un score aux alentours de 6,3 %, la France insoumise (carte 8) n’a pas réussi à remporter le pari lancé par Jean-Luc Mélenchon qui tentait de devenir la première force de gauche. Comme nous l’avons déjà souligné, la géographie du vote mélenchoniste rappelle celle du parti communiste dans les années 1970-1980 [COLANGE et FOURQUET, 2017]. Les contradictions du leader de la FI au cours de la campagne sont une des causes de ce revers.

Cependant, si on fait le cumul des votes des listes de la France insoumise et communiste, on s’aperçoit que leur niveau est resté quasi-identique au vote pour le Front de Gauche en 2017.

 

 

Carte 8 : Score de la liste La France insoumise

 

Score de lA France Insoumise - LFI - Elections europeennes 2019

 

 

En conclusion

 

Le réalignement partisan qui s’est opéré lors de l’élection présidentielle de 2017 se confirme. Le vieux clivage droite gaulliste/parti socialiste qui dominait la scène électorale depuis près de cinquante ans s’est effacé pour laisser place à une recomposition de l’échiquier politique. La géographie électorale de 2017 et 2019 oppose une France des agglomérations et des métropoles à une France des banlieues périurbaines, des campagnes et des petites et moyennes villes. Avec de nouveaux visages et de nouvelles personnalités, cette dichotomie n’est pas sans rappeler les deux sous-systèmes des trois « C » (consensus, conservatisme, confiance) et des trois « P » (possédants, protestations, peurs) que nous avions mis en évidence lors du second tour de la présidentielle de 2007 qui opposait alors Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy [BUSSI, COLANGE et GOSSET, 2007]. La carte du rapport de force entre LREM et le RN illustre ce constat (carte 9).

 

 

Carte 9 : Géographie du rapport de force LREM/RN

 

Score LREM vs RN - Elections europeennes 2019

 

Comme nous l’avons souligné dans un précédent article [FOURQUET et MANTERNACH, 2019], celle-ci traduit une opposition entre deux France qui s’opposent sur le plan politique, économique et social. Ce nouveau duopole rend compte de l’acceptation de la globalisation et de la mondialisation sous toutes ses formes. Pour reprendre les propos de S. Kahn et J. Lévy publiés dans la presse, les Français se sont exprimés sur des enjeux européens et « les vainqueurs sont ceux qui mettent l’Europe au centre de leur projet, en positif (progressistes et écologistes) ou en négatif (nationalistes europhobes) ».

 

 

 

Bibliographie

 

BUSSI M., COLANGE C. et GOSSET J.-P., 2007, « Élections présidentielles 2007, typologie des candidats. Les deux France », Revue électronique Cybergéo, rubrique Points chauds/débats, mai (https://journals.openedition.org/cybergeo/5733).

 

COLANGE C., 1999, Géographie du non-vote en France : les effets des échelles et des types de scrutins, Mémoire de maîtrise en Géographie sous la direction de Michel Bussi, Université de Rouen, octobre 2000, 178 p.

 

COLANGE C., 2004, « Enjeux européens et réalignements locaux : les élections européennes de juin 2004 en France », Revue électronique Cybergéo, rubrique Points chauds/débat, juin ( https://journals.openedition.org/cybergeo/5481 ).

 

COLANGE C. et FOURQUET J., 2017, « Élection présidentielle 2017 : Les deux France », in Images économiques du Monde, Paris, Armand Colin, p. 33-49.

 

FOURQUET J., 2019, L’archipel français, Paris, Le Seuil.

 

FOURQUET J. et MANTERNACH S., 2019, « LREM et RN : deux France face à face », Notes et études de la Fondation Jean Jaurès, n° 197.

 

KAHN S. et LEVY J., 2019, « L’Europe, un pays qui s’émancipe », Libération du 27 mai 2019

(www.liberation.fr/debats/2019/05/27/l-europe-un-pays-qui-s-emancipe_1729934).