La mondialisation conduit-elle inéluctablement à l’uniformisation de la vie économique, sociale et culturelle? Les processus de diffusion de normes universelles s’imposent-ils à des acteurs qui se contenteraient de les décliner localement sans peu ou pas les modifier ?
Sans nier la puissance des processus de convergence et d’uniformisation associés à de nouvelles formes de centralité – des marchés financiers, des firmes multinationales ou des villes globales, l’objectif de cet ouvrage collectif et interdisciplinaire est de mettre l’accent sur les contre-tendances inscrites dans les dynamiques sociétales et de proposer une analyse critique des processus de mondialisation.
Étudiée à partir des transformations du travail, de l’emploi et des compétences, la mondialisation apparaît comme un assemblage de processus parfois convergents, souvent chaotiques, sources de désynchronisations, et qui percutent et reconstruisent tout à la fois les espaces et les modes de régulation au niveau local, national et supra-national.
Ariel Mendez est professeur de sciences de gestion à l’université d’Aix-Marseille et directrice du LEST.
Robert Tchobanian est socio-économiste, chargé de recherche au CNRS, LEST.
Antoine Vion est maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille et chercheur au LEST.
Préface - Michael J. Piore
Introduction - Ariel Mendez, Robert Tchobanian, Antoine Vion
Mondialisation et nouvelles formes de centralité
Variétés du capitalisme et dynamiques institutionnelles
Partie I. Mondialisation, nouveaux intermédiaires et nouvelles normes de travail
Introduction à la partie I. Mondialisation, nouveaux intermédiaires et nouvelles normes de travail (Ariel Mendez)
Mondialisation, nouveaux acteurs financiers et changement institutionnel : réflexions sur l’héritage du LEST (Rosemary Batt, Eileen Appelbaum)
Les administrateurs d’entreprises financières, intermédiaires privilégiés dans les réseaux d’affaires européens (François-Xavier Dudouet, Éric Grémont, Antoine Vion)
La construction de la multinationale « apatride » : le cas des entreprises mondiales de services professionnels (Mehdi Boussebaa)
Financiarisation, pressions normatives et rapports humains au travail : état des lieux en France (Florence Palpacuer)
Mondialisation et secteurs abrités : les effets de la normalisation sur les services à la personne en France (Francesca Petrella, Nadine Richez-Battesti)
Partie II. Modèles d’éducation, de construction et d’usage des compétences
Introduction à la partie II. Modèles d’éducation, de construction et d’usage des compétences (Eric Verdier)
Mobilisations internationales par le haut et par le bas (Anne-Catherine Wagner)
« L’européanisation de l’éducation » en débat : ce que nous apprennent les instruments d’action publique et leur comparaison (Hélène Buisson-Fenet)
Internationalisation des grandes écoles et réformes curriculaires (Denis Lemaître)
La gestion des compétences : des principes communs, une interprétation localisée ? (Ewan Oiry)
Partie III. Les migrations de travail, comme mondialisation « par le bas »
Introduction à la partie III. Les migrations de travail, comme mondialisation « par le bas » (Delphine Mercier)
Restructurations économiques et transfert de compétences dans le système migratoire Mexique–États-Unis (Jacqueline Hagan, Rubén Hernández-León)
La fabrique des migrants. Autorégulation et sélection des postulants à la migratio
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n au Maroc (Mustapha El Miri)
Mondialisation et construction d’un marché du travail multi-ethnique : enquêtes dans le maraîchage européen (Swanie Potot)
Partie IV. Dynamiques de segmentation et polarisations sociales
Introduction à la partie IV. Dynamiques de segmentation et polarisations sociales (Robert Tchobanian)
Le marché du travail vu d’en bas : quelques enseignements d’une recherche comparative sur le travail à bas salaire en Europe et aux États-Unis (Jérôme Gautié)
L’aire métropolitaine de Monterrey au Mexique : un analyseur de la recomposition des normes d’emploi et de travail dans la mondialisation (Annie Lamanthe)
« Travailleurs sans papiers » et « assistés ». Nouvelles figures du précariat et dynamiques des classes populaires (Paul Bouffartigue)
Désajustement entre niveau de formation et qualification de l’emploi : une source de défiance et d’intolérance dépendante des contextes nationaux ? (Vanessa di Paola et Stéphanie Moullet)
Conclusion (Patrick Le Galès)
La mondialisation comme casse-tête : entre causalités complexes et processus contradictoires
Renouveler les méthodes comparatives
Réinterroger les mutations de l’État : quelle political economy ?