Le travail de la philosophie est une analyse des limites : mais alors que Kant et la tradition voulaient déterminer les frontières de la connaissance, la philosophie doit aujourd’hui, pour Foucault, déterminer ce dont on peut s’affranchir. Il ne s’agit plus de comprendre les structures universelles du savoir, mais d’élucider les conditions historiques de ce qui constitue notre actualité comme contingente, et donc contestable. Cette émancipation est le fruit d’un long travail, qui emprunte des voies aussi surprenantes que l’enquête historique, et des méthodes aussi apparemment abstraites que l’archéologie. Sa visée : permettre de concevoir notre pensée comme une donnée essentiellement critiquable, donnant ainsi sa chance à l’impatience de la liberté.
C’est de la philosophie que le mouvement par lequel, non sans efforts et tâtonnements et rêves et illusions, on se détache de ce qui est acquis pour vrai et qu’on cherche d’autres règles du jeu. C’est de la philosophie que le déplacement et la transformation des cadres de pensée, la modification des valeurs reçues et tout le travail qui se fait pour penser autrement, pour faire autre chose, pour devenir autre que ce qu’on est. (Foucault, Dits et écrits).
Olivier DEKENS est professeur agrégé de philosophie en classes préparatoires littéraires au Lycée Guist’hau de Nantes. Il a consacré de nombreux ouvrages à la philosophie moderne et contemporaine.
Sous la direction de France Farago
Préambule : Aporétique – De l’auteur Foucault par lui-même L’abolition du nom propre Questions de méthode
Prologue : L’imagination au pouvoir (Introduction au Rêve et l’existence de Binswanger, 1954)
Ontologie – De la philosophie Foucault philosophe ? L’actualité La philosophie comme journalisme radical Archéologie et analytique du présent Archéologie et politique
Histoire – De la raison Foucault historien ? Contre l’historicisme Contre l’idéologie Chronologies foucaldiennes L’épaisseur de la raison Du pouvoir au savoir Partages Le normal et le pathologique Vie et folie Raison et déraison Internement et asile
Figure 1 : Le fou
Portrait 1 : Derrida Archéologie – De la vérité Une histoire de la vérité Contre la phénoménologie Foucault structuraliste (?) L’inconscient du savoir L’épaisseur du discours L’espace clinique Cosmologies Le pouvoir de la représentation La fin d’un règne Les sciences humaines La littérature
Figure 2 : L’homme
Portrait 2 : Kant
Intermède professoral : L’Ordre du discours (1970)
Généalogie – Du pouvoir Analytique du pouvoir Pouvoir-savoir et savoir-pouvoir Le principe d’immanence Le pouvoir psychiatrique L’éclat des supplices Minuties disciplinaires L’hypothèse répressive La prolifération du discours Vers la biopolitique De la guerre
Figure 3 : Le délinquant
Portrait 3 : Nietzsche Éthique – Du sujet Critique du sujet Le sujet du sexe L’herméneutique de soi Souci de soi et volonté de vérité
Politique – De la justice Le discours comme politique de la vérité Philosophie et géologie Libération et liberté
Épilogue : L’impatience de la liberté (Qu’est-ce que les Lumières ?, 1984)