S’homicider soi-même, se noyer le cœur, s’abréger les jours…, autant de mots pour dire le suicide en cette fin du XVIIIe siècle. Se supprimer est alors encore un crime et les morts peuvent même être jugés et punis. Mais dans cette société des Lumières qui prône le bonheur, élites et simples citoyens s’interrogent sur ce « dernier désespoir » qui jette à bas des hommes et des femmes de tout âge et de toute condition. Rapports de police, lettres de suicidés ou chroniques redonnent vie à ces morts qui nous parlent d’honneur, de misère, d’amour ou de politique. Et s’offre ici le tableau émouvant de la sensibilité et de la sociabilité des Français, de la fin de l’Ancien Régime à l’Empire.
Dominique Godineau est professeure d’histoire moderne à l’Université Rennes 2. Elle a consacré de nombreuses études à l’histoire des femmes et de la Révolution française et a publié Citoyennes Tricoteuses. Les femmes du peuple à Paris pendant la Révolution (1988, Perrin, 2004) et Les femmes dans la société française, XVIe - XVIIIe siècle (Armand Colin, 2003).
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1. Le cadavre devant ses juges La procédure Les procès Le suicide dépénalisé Les tentatives
2. Vue(s) d’ensemble Portrait de groupe Temps et espace Corde, fer, eau… : des formes socialement diversifiées
3. Les chemins du désespoir Des ennuis matériels « Se soustraire au châtiment de la justice » Le privé : peines d’amour et tensions familiales Des souffrances physiques ? Ennui de vivre, « dégoût de la scène universelle », mélancolie : des maux d’oisifs ? Figures de la folie De la religion au bonheur
4. Individus et société Se préparer à mourir Doubles suicides et mises en scène Dernières lettres L’entourage face au suicide
5. Suicide et événement Les crises de l’Ancien Régime Le suicide pendant la Révolution