L’affaire Woerth-Bettencourt a agité la vie politique française. Ce n’est certes pas la première fois que la République est touchée par un scandale : un avatar de plus d’une corruption bien dans ses meubles au sein du système français de pouvoir ? Méfions-nous des apparences et d’une prise en otage du passé nourrie par l’incapacité de penser les spécificités du présent. Paradoxalement, c’est l’historien qui est le mieux à même de faire la part des choses. Et c’est donc en historien, et non pas en politiste, et encore moins en journaliste, que Frédéric Monier analyse cette affaire. Il nous livre un éclairage précieux sur cette France d’aujourd’hui, qui, de droite à gauche, de dissensions en fractures, de malaises en psychodrames, se donne tant de mal pour retarder ses rendez-vous avec un avenir démocratique.
Frédéric Monier est spécialiste de la France de la IIIe République, ses travaux portent sur l’histoire du politique, et notamment l’histoire du complot, des faveurs et de la corruption.
1. Le « feuilleton » de l’affaire Woerth-Bettencourt La naissance du scandale (16 juin-1er juillet 2010) La création d’une affaire (1er-15 juillet 2010) L’emballement de la machine (6 juillet-3 août 2010)
2. Voulait-on éviter une crise politique ? (16 juin-3 août 2010) Enjeux politiques et mesure des opinions Le spectre des « années 1930 » « Cabales », « machinations » et rumeurs : les imaginaires du scandale
3. Inégalités et tensions : le scandale comme révélateur L’île d’Arros : un symbole de clivages sociaux La « rupture » sarkozienne mise à l’épreuve L’ambivalence des Français face à la corruption
4. La grande mutation de la « transparence » (1978-2009) « L’impératif de transparence » : genèse d’une norme (1978-1995) Les « affaires » et les modifications de la vie politique (1988-2002) La force des changements culturels