Dans le cadre d’une enquête dans quatre « cités » de la banlieue parisienne, une soixantaine de filles et de garçons, âgés de 15 à 20 ans, racontent leur entrée dans la vie amoureuse, ses déboires et ses félicités.
L’étude de leurs relations amoureuses permet de restituer sous les faux-semblants une réalité complexe, faite aussi de femmes et de filles, et du même coup de sortir ces dernières de leur rôle nécessairement secondaire (victimes des garçons/hommes, violées, voilées, recluses).
Ce livre qui restitue largement la parole des jeunes eux-mêmes interroge une domination masculine aussi certaine qu’ambiguë.
Le grand mérite de l’auteure est de s’inscrire en faux contre l’habitude prise de ne décliner les « jeunes des cités » qu’au masculin, en capuches, baskets et machisme assorti.
Elle apporte un démenti à toute une série d’approches, politiques, médiatiques et le cas échéant sociologiques qui tirent parti de cette domination masculine affichée pour stigmatiser deux fois les banlieues, et spécialement les milieux issus de l’immigration : en caricaturant les garçons, en niant les filles.
Isabelle CLAIR est sociologue au laboratoire « Genre, Travail, Mobilité » du CNRS, Université Paris 8. Elle est l'un des co-auteurs de L’Injustice ménagère, paru chez Armand Colin, en 2007.
Introduction. La mauvaise réputation des filles. La mauvaise réputation des jeunes de cité. Remarques sur la restitution du terrain. La mauvaise réputation des filles. La cité, un village. Les mécanismes de l'étiquetage. Faire avec. L'expérience de l'amour. Le "fun". L'expérimentation. Le romantisme. La réassurance. L'expérience du couple. Forces centrifuges, forces centripètes. La découverte de l'autre et de soi-même. Conclusion. Les jeunes de cité et la violence du genre. Les jeunes de cité et le couple. La question des "origines". Annexes méthodologiques. L'enquête. Les enquêté(e)s.