Si l’on veut comprendre pourquoi Edgar Morin fait figure de franc-tireur, pourquoi il fut pionnier, pourquoi l’on revient désormais autant vers lui pour penser notre présent et nous offrir un avenir – alors il faut lire, ou relire L’Esprit du temps. Paru pour la première fois en 1962, ce livre a été immédiatement mis à l’index. Sa faute ? S’être interrogé sur l’«universalité potentielle » des œuvres issues de la culture de masse. Une « vulgate pathétique » selon les tenants de la sociologie dominante de l’époque qui considéraient que les goûts et les dégoûts esthétiques dépendent de la classe ou de la catégorie sociales. Depuis, le mépris global de la culture « cultivée » pour les œuvres médiatiques s’est quelque peu atténué. Il est donc grand temps de relire cet ouvrage pionnier pour décrypter l’esprit de notre temps où les frontières culturelles ont volé en éclats.
Edgar Morin est directeur de recherche émérite au CNRS. Introduction d'Éric Macé, sociologue au CADIS (EHESS-CNRS).
L'intégration culturelle. Un tiers-problème. L'industrie culturelle. Le grand public. L'art et la moyenne. Le grand cracking. Une culture de loisir. Les champs esthétiques. Une mythologie moderne. Sympathie et happy end. Les vases communicants. Les olympiens. Le revolver. L'éros quotidien. Le bonheur. L'amour. La promotion des valeurs féminines. Jeunesse. La culture planétaire. L'esprit du temps. La métamorphose culturelle. Introduction à la bibliographie de l'édition originale de 1962. La culture de masse. Les communications de masse.