À deux moments de son histoire, l’Allemagne a été au centre du cinéma mondial. La période 1919-1933 voit se développer le courant expressionniste avec ces cinéastes essentiels que sont Murnau, Lang, Pabst, Lubitsch, Ophuls. Dans les années 1960-1970, le «Jeune Cinéma allemand», vivifié par J.-M. Straub, A. Kluge, R. W. Fassbinder, W. Wenders, et R. Thome, contribue à redonner une mémoire au pays.
Aujourd’hui, avec des succés internationaux comme Good Bye Lenin!, La Chute ou La Vie des autres et l’apparition d’auteurs tels F. Akin, R. Karmakar ou C. Petzold, ce cinéma retrouve une place de premier plan. Son histoire est celle d’une industrie et d’œuvres qui sont le reflet de leur temps : le cinéma du IIIe Reich, les films des exilés antinazis, la production de la RDA… C’est pourquoi on peut parler d’un siècle de cinémas allemands, au pluriel.
Bernard Eisenschitz est écrivain de cinéma.
Sous la direction de Francis Vanoye.
L’ouvrage actualisé pour cette 2e édition, a obtenu le Prix Philippe Arnaud 1999.
Une industrie sous l'Empire (1895-1918). Débuts d'une industrie. Vedettes et auteurs. Guerre et cinéma. L'écran démoniaque (1919-1926). Le cinéma avec son temps. Le Cabinet du Dr Caligari. Les mystères de l'âme. Les ambiguïtés de l'Ecran démoniaque. Carl Mayer et le Kammerspiel. F.W. Murnau. Fritz Lang. L'année 1925. Dernières années du muet (1927-1929). Concentration, émigration, renouvellement. La Nouvelle Objectivité. S'emparer du cinéma. Le passage du sonore et la fin de la république (1929-1933). Le monde en studio. Le monde en crise. M le Maudit. Bertolt Brecht, Max Ophulus. Un testament. Le cinéma selon Goebbels (1933-1945). La mise au pas. L'industrie avec Goebbels. Leni Riefenstahl et les avant-gardes. Guerre et cinéma (bis). L'autre Allemagne : Les cinéastes en exil (1933-1945). Terres d'accueil ? Hollywood. Le cinéma de papa (RFA, 1945-1962). Dans les ruines. L'Allemagne d'Adenauer : « C'est la faute à Hitler ». Le retour. Le cinéma des distributeurs. Bonheur de la vulgarité. À l'Est (Zone soviétique et RDA, 1945-1989). Ressurgie des ruines. Le « premier État allemand ouvrier et paysan ». 1953-1961 : de l'insurrection au Mur. La génération des années 1960. La fin. Le documentaire. Le Jeune cinéma allemand (FFA, 1962-1980). Straub, Kluge et quelques autres. Le cinéma de papa n'est pas mort. 1968 et après. Le Nouveau cinéma allemand. À partir du présent (1982-2007). Années maigres. Après la réunification (1990-2007).