1977 : le Centre Georges-Pompidou ouvre ses portes. À l'extérieur, la polémique fait rage : à l'intérieur, la cohue du premier jour consacre d'emblée un succès qui, par-delà divers aléas, ne se démentira pas.
Une question surgit : comment se fait-il que cette véritable révolution, ce modèle nouveau d'articulation entre politique, institution et pratiques culturelles n'ait pas davantage - c'est litote ! - porté à réfléchir, n'ait pas davantage inspiré ? Pourquoi Beaubourg, en somme, n'a-t-il cessé de gêner ?
Après avoir notamment enquêté auprès des protagonistes "historiques" (Claude Pompidou, Jacques Chaban-Delmas, Pierre Messmer, Pierre Boulez, Jean-Pierre Seguin, François Mathey, Blaise Gautier, Pontus Hulten...) Laurent Fleury s'est employé, éclairant au passage les raisons de cette occultation, à ressaisir le sens de l'expérience Beaubourg et de cette approche spécifique de la question des publics qui la caractérise.
Il en tire d'importants enseignements, fort utiles alors que tant d'incertitudes pèsent sur le débat culturel et les modalités d'implication souhaitable de l'État.
Laurent Fleury, sociologue, enseigne à l'Université Paris 7-Denis Diderot où il dirige la spécialité "politiques culturelles" du Master " sociologie et anthropologie : politique, culture et migrations". Il a notamment publié une Sociologie de la culture et des pratiques culturelles (Armand Colin, 2006).
Préface de Bernard Stiegler, philosophe et directeur du développement culture du Centre Pompidou.
La résurgence du mécénat d'État. Les étapes d'une décision présidentielle. Les ressorts d'une esthétique décisionniste. Les explications d'une logique mécénale. La démocratisation de la culture en actes. L'invention des politiques de public. L'insaisissable public de Beaubourg. Figures de la démocratisation.