La modernité, mot d’ordre de notre présent, s’associe-t-elle, comme on l’entend partout, à une liberté inédite dans l’histoire humaine ? Une liberté qui ne connaîtrait plus d’obstacles depuis la chute du mur de Berlin ?
C’est cette évidence que questionne cet essai.
Revisitant au long du XXe siècle les étapes-clés de la construction d’un homme et d’un monde « nouveaux », en rupture avec tout passé, il renvoie dos à dos toutes les pensées totalitaires, qu’elles soient fasciste, stalinienne… ou libérale.
Car, qu’est-ce, en effet, que cette liberté qui nous est promise désormais par une « société libérale » tentée par l’illusion de la fin de l’Histoire ?
Aujourd’hui, devant nous, avec nous, se consolide au nom de la liberté et de la modernité un carcan idéologique où chacun, mis dès l’enfance en concurrence avec chacun, est inévitablement voué à une existence esseulée et clôturée.
Depuis l’épouvante fondatrice – la Grande Guerre –, se joue, sous couvert d’apothéose de la liberté, une assez sinistre émancipation à rebours qui est aussi éclipse de la raison, et du souci de vérité. Cet essai est donc une critique aiguë et originale de la pensée libérale la plus contemporaine.
Michel BLAY, Directeur de recherche au CNRS, a publié L’Homme sans repos (2002) et La Science trahie (2003) aux éditions Armand Colin.
La vie sans raison. Les commencements du XXe siècle. Machines, vitesse et modernité esthétique. L'avènement du "Centaure". Les galops du nouveau "Centaure" (I). La terre dévastée (1914-1918). Les galops du nouveau "Centaure" (II). Le monde de la technique-vie. L'homme clôturé.