Comment des intellectuels laïcs dispersés en Europe orientale ont-ils convaincu, dans le second XIXe siècle, des milliers de leurs compatriotes d'aller peupler une terre possédée par leurs ancêtres deux mille ans auparavant mais désormais lointaine, désolée et occupée par un puissant empire ?
Comment un mouvement politique squelettique, dépourvu de richesses, d'assise territoriale et d'alliances étatiques a-t-il bâti une diplomatie efficace, des institutions démocratiques, des infrastructures performantes puis un État souverain viable en un demi-siècle à peine ?
Comment quelques cultivateurs et poètes n'entretenant aucune expérience militaire et refusant souvent de s'en doter, ont-ils pu créer l'une des plus puissantes armées du monde ?
Comment Israël, État-nation du peuple juif et fruit du sionisme, a-t-il élaboré ses stratégies de survie puis de puissance dans un Proche-Orient instable et hostile ? Comment le sionisme et Israël se représentent-ils la mémoire, de la force, de l'espace ?
Frédéric Encel, docteur en géopolitique et diplômé de Sciences-Po, est consultant en risques-pays et professeur à l'ESG-Paris. Il enseigne également les relations internationales à la prép-ENA de l'Institut d'études politiques de Rennes.
Le sionisme, un nationalisme atypique. Les Juifs dans le monde au terme du XIXe siècle. Le sionisme, un nationalisme très particulier. De puissants adversaires du sionisme. Un rapport à l'usage de la force nouveau et complexe. Penser la guerre. Adversaires et ennemis. La hantise de la guerre civile. Mener la guerre. Exprimer la guerre. Assumer la puissance ? Par pragmatisme. Par rapport, complaisance ou idéal. Les limites internes de la puissance. Être puissant et se croire en sursis permanent. Penser l'espace. Grands espaces transfrontaliers. Espaces utiles, espaces hostiles. Maîtriser la géographie du Yishouv de Palestine. Espaces sacrés, espaces nommés.